Montagnes MAG janvier 2021

Mercantour, ante confinement.

C'est une histoire dans l'histoire, c'est  une histoire de ski dans une histoire universelle, c'est une histoire de raid avorté pour cause virale.

Mais peu importe les histoires il nous reste les sublimes paysages enneigés du Mercantour, il nous reste des projets qui font battre nos cœurs de skieurs , il nous reste le rire et le bruit des peaux qui frottent dans l'air glacé du matin, il nous reste les montagnes du Mercantour pour vivre la beauté.

 

Il y a des raids qui sont dans la fameuse "list  to do " et qu' on agite de temps à autre car c'est l'année où il y a de la neige, où on a du temps, et parce que la météo dans ce joli coin des Alpes Maritimes est favorable. La météo et la nivologie sont au feu vert, nous  réservons les refuges, top départ le samedi soir, le 14  mars pour être précis. Les dates ce n'est jamais  glamour, les chiffres ne sont jamais excessivement rêveurs, pourtant cette fois ci la date a son importance. Car c'était sans compter LE virus, qu'on ne nous présente plus, il est désormais plus connu que Madonna et Mickel Jakson réunis.  Partout ailleurs, les frontières ferment, les refuges sont évacués, mais le Mercantour lui résiste encore. Et c'est le cœur léger mais un peu préoccupé,  toujours bien rempli d'amitié, de neige, de découverte et curiosité, de glisse que nous filons, sans demander notre reste vers  la Vesubie. Au petit matin, le café au bord de la route, on le boit dehors : plus le droit de rentrer dans le bistrot, et dans un verre en carton, plus le droit à la vaisselle. On paye le pain et les croissants en posant l'argent dans un plateau :  pas de contact. Il y a bien dans ce petit village quelques voix qui s'élèvent  à coups de " oh Jean, moi je t'embrasse hein, je m'en fous du virus, faut bien mourir de quelque chose" et les collègues hilares qui trinquent avec le verre en carton. Tout est étrange, les gardiens des refuges de la Madone de Fenestre nous envoient alors un message : "seule la  partie hiver sera ouverte, on redescend" , ceux du refuge de  Nice :" On ne sera même plus  là le week end,  on quitte le refuge, la FFCAM nous indique finalement que nous ne pouvons plus accueillir du public " , on s'arrête acheter des soupes et des barres dans un supermarché vidé de son papier toilette, de sa farine  et l'adage maintes fois utilisé " on verra bien" nous fait maintenir le cap.

 A suivre dans Montagnes mag 

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