Les enquêtes de Trek Mag Enquête : la bouffe en trek Petite cuisine du Trek On franchit des cols et des vallées profondes, assoiffés de paysage et gourmands de lumière unique. Oubliée la souffrance du corps qui s’épuise tandis que nos pas ailés nous transportent chevaliers fidèles et indéfectibles. Et notre âme enfin élevée écoute le murmure des montagnes sauvages traversées de sentiers hardis. Oui… mais quand est ce qu’on mange ? Qu’on le veuille ou non, la nourriture en trek est toujours une affaire de la plus haute importance. Malheur à celui qui a oublié le saucisson ! Normal ! La marche est l’un des rares sports qui mette tout le corps en mouvement. Les muscles du mollet se contractent sans répit et font affluer un sang frais vers le cœur bien oxygéné grâce aux poumons largement dilatés. Même la peau gorgée de sang s’assouplit. La marche, c’est la santé. Conséquence d’un tel afflux d’énergie : nous avons faim, une faim de loup. Jadis cette faim était traitée avec la plus grande désinvolture. On ouvrait la bouche, on avalait n’importe quoi « Comme ça, c’est fait » Dans les refuges, même topo : le gardien avait d’autres chats à fouetter, il nourrissait, point final. Désormais, sans doute pour conjurer un tourisme de montagne en berne, les refuges les plus lointains les plus hauts, les plus inaccessibles font d’invraisemblables efforts pour servir une nourriture simple mais loyale. L’Office de Tourisme de Saint Christophe en Oisans propose même un tour gourmand du Vénéon. L’idée est d’offrir au marcheur une cuisine du terroir servie dans les refuges : soupe de pois cassés et menthe sauvage, gratin d’orties et de chénopodes, diots au vin blanc, murçon et autres saveurs rustiques de l’Oisans. Sylvie, inventrice du concept et gardienne du refuge de l’Alpe du Pin explique que son refuge périclitait. Il était le camp de base d’une course classique : la Tête de Lauranoure. Cependant les conditions de glace ont tellement changé ces dernières années que la course est devenue trop engagée, plus personne ne venait. « Seule la randonnée pouvait sauver l’Alpe du Pin souligne Sylvie. J’ai trouvé alors cette idée d’une flânerie gourmande où l’on vous attend tous les soirs avec des histoires et des plats du pays » Avec ce tour gourmand, le plaisir de marcher et de manger sont intimement liés. Le succès presque immédiat témoigne bien de l’importance de la nourriture en trek.
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